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S.E. M. Bernard Garancher : “Le gouvernement monténégrin sait pourquoi ne pas chercher à précipiter sa candidature à l'UE”

Depuis Podgorica, 28 octobre 2008, Monténégro


Aujourd’hui, mardi 28 octobre 2008, invité à s’exprimer dans le magazine d’information “Načisto” sur Televizija Vijesti (TV Vijesti) à propos de la grave crise démocratique que traverse actuellement le Monténégro et sur les déclarations du Vice-Président du Parti Populaire Serbe (SNS), M. Novica Stanić, qui appelle tous les partis d’opposition à rejoindre, dans une action commune de boycott du Parlement monténégrin, les députés de la Liste Serbe (SL) et du Parti Démocratique Serbe (DSS), S.E. M. Bernard Garancher, Ambassadeur de France à Podgorica, H.E. Mr. Bernard Garancher, Ambassador of France to Montenegro a déclaré que “le devoir et la responsabilité des élus est de siéger au Parlement et de faire le travail pour lequel ils ont reçu la confiance des électeurs” et ce, même et surtout, lorsqu’ils sont en désaccord avec la politique menée par la majorité au pouvoir.

Profitant de l’occasion, l’Ambassadeur Garancher est également revenu sur la question qui agite le landerneau politico-médiatique monténégrin, à savoir celle du dépôt de la candidature du Monténégro à l’Union Européenne (UE), annoncée par les plus hautes autorités de l’État pour d’ici la fin de l’année. L’Ambassadeur — rappelant qu’il s’exprime au nom de la France présidente du Conseil de l’Union — a précisé que le Gouvernement monténégrin “est bien entendu souverain dans sa décision de déposer son dossier d’adhésion selon un agenda et des critères qu’il lui appartient seul d’évaluer, mais il doit aussi être pleinement conscient des problèmes que poseraient en ce moment aux institutions européennes une telle initiative,” ajoutant que c’est actuellement l’objet d’un dialogue au plus haut niveau afin d’expliquer la position de l’UE — non particulièrement dirigée contre le Monténégro — de trouver opportun de reporter à plus tard le dépôt de candidature du pays.

S’agissant de la procédure d’adhésion par elle-même, l’Ambassadeur Garancher a rappelé que c’est “le Conseil des Ministres Européens qui décide en dernier ressort et à l’unanimité — sur la base d’un rapport et d’une recommandation de la Commission — qu’un pays potentiellement candidat satisfait ou non aux critères politiques de Copenhague et que des négociations d’adhésion peuvent s’ouvrir avec lui.”
Modérant ses commentaires enthousiates du 17 octobre dernier sur le contenu du Rapport de Suivi de la Commission Européenne concernant le Monténégro, attendu le 5 novembre prochain, l’Ambassadeur souligne que si, comme il l’a dit, le rapport fait objectivement apparaître des avancées notables dans de nombreux domaines, il identifie également, avec la même objectivité, un certain nombre de carences majeures aux yeux de l’Europe, qui concernent essentiellement l’application des lois promulguées au cours de l’année. “Adopter des textes bruts européens est certes un signe de bonne volonté, mais le vrai travail législatif réside dans leur transposition au contexte national, qui est seul garant de pouvoir effectivement les rendre applicables dans le pays.” C’est ce point essentiel qui, selon l’Ambassadeur, justifie la prudence des membres de l’Union par rapport à une adhésion accélérée du Monténégro.
Il note qu’il y a une évidente volonté nationale de lutter contre la corruption, mais qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en terme de prévention des conflits d’intérêt, de lutte contre le blanchiment d’argent et d’accès à la justice en la matière.

En conclusion de ses propos, S.E. M. Bernard Garancher est revenu sur la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par le Monténégro, présentée comme un “accélérateur” du processus d’intégration à l’UE. Rappelant que plusieurs pays européens sont ouvertement opposés à la reconnaissance du Kosovo — Chypre, l’Espagne, la Grèce, la Roumanie et la Slovaquie, l’Ambassadeur souligne que le Monténégro a “simplement” reconnu le Kosovo “parce que c’est une réalité politique”, et qu’en ce sens, la France est très satisfaite de la décision du Gouvernement de Podgorica. “Elle relève d’une volonté manifeste du Monténégro de vouloir contribuer à la stabilité régionale. C’est l’un des principaux critères politiques qui permettront son entrée future dans l’Union Européenne.” Enfin, sans pouvoir encore donner de date précise, l’Ambassadeur a terminé en indiquant que le Monténégro profitera du programme d’exemption de visa avant d’adhérer à l’UE.

Crédit photographique : © [?DR|Document of the Editor] 2008.

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