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S.E. M. l'Ambassadeur Garancher : “Les choses sont en train de changer pour le meilleur du Monténégro”

Depuis Podgorica, 17 octobre 2008, Monténégro


Hier, jeudi 16 octobre 2008, S.E. M. Milo Đukanović, Premier Ministre du Monténégro, Interview de S.E. M. Milo Đukanović, Premier Ministre du Monténégro, à Reuters accordait à l’agence de presse Reuters une interview durant laquelle il a réaffirmé la ferme intention de son gouvernement de vouloir déposer d’ici la fin de l’année — c’est à dire pendant la présidence française — le dossier d’adhésion de son pays à l’Union Européenne (UE), déclarant qu’après “le report décidé au printemps dernier pour consolider la mise en œuvre de l’Accord de Stabilisation et d’Association, tout est maintenant prêt pour la candidature,” estimant par ailleurs que le Monténégro a d’ores et déjà réuni toutes les obligations requises pour devenir membre de l’UE d’ici 2012.

Invité à commenter les propos du Chef du Gouvernement monténégrin, aujourd’hui 17 octobre, S.E. M. Bernard Garancher, Ambassadeur de France à Podgorica, a expliqué que l’UE n’avait pas à s’exprimer sur l’agenda de candidature d’un pays, qui suit uniquement des intérêts nationaux et répond à une dynamique d’intégration propre à chaque candidat potentiel. S.E. M. Bernard Garancher, Ambassadeur de France à Podgorica
Comme il le fait à chaque fois qu’il est interrogé à ce sujet, l’Ambassadeur Garancher a rappelé qu’un dépôt de candidature ne résultait pas d’une invitation de l’UE, mais seulement d’une volonté nationale à rejoindre la famille européenne ; à ce titre, si le Monténégro, État souverain, estimait opportun de déposer son dossier d’adhésion à l’automne 2008, l’Union respecterait sa décision.

Sur le point du Rapport de Suivi de la Commission Européenne (CE) concernant le Monténégro, attendu le 5 novembre prochain, l’Ambassadeur Garancher qui a participé aux nombreuses réunions avec la CE, a précisé qu’il y avait maintenant de bonnes bases pour un dépôt de candidature du Monténégro, et que le Rapport montrera objectivement des avancées certaines dans tous les domaines, aussi bien dans la mise en œuvre de l’Accord Intérimaire que dans le processus de réforme général. Certes, “personne ne conteste qu’il y ait encore des problèmes de crime organisé et de corruption, et que la capacité administrative et judiciaire doit encore être renforcée, mais ce sont là des points qui seront résolus avec le temps.”
Pour l’Ambassadeur, il est évident que “les choses sont en train de changer pour le meilleur du Monténégro,” bien qu’aucun pays potentiellement candidat à l’Union puisse, selon lui, se targuer d’être totalement prêt pour faire sa demande d’adhésion, sans que cela soit non plus un prétexte pour ne pas la déposer.

S’adressant au nom de la présidence du Conseil de l’UE, l’Ambassadeur Garancher a souligné que les préoccupations de la France allaient avant tout à la poursuite de la stratégie de Lisbonne, la ratification du Traité et la réforme du cadre institutionnel européen. Dans l’analyse qu’il fait des problèmes internes auxquels l’Union est actuellement confrontée après le “non” irlandais, en parallèle avec un agenda déjà extrêmement chargé, “une candidature en automne du Monténégro risque de ne pas être entendue.” L’opinion de la France est que le Monténégro devrait “attendre quelques semaines, voire quelques mois, avant de déposer sa demande formelle,” contredisant par là-même les affirmations de certains experts internationaux qui estiment que le Monténégro ne doit plus attendre pour demander le statut de candidat, car l’agenda européen 2009 serait, selon eux, encore plus chargé qu’aujourd’hui.
Répondant à ces experts, l’Ambassadeur précise que des avis qui sont applicables à certains dans un contexte donné, ne le sont pas nécessairement à d’autres. “Ce dont je peux parler avec certitude, c’est de ce qui se passe en ce moment dans l’UE ; l’année prochaine est un autre calendrier,” certes à l’ordre du jour déjà bien chargé avec les élections de juin 2009 au Parlement Européen, mais qui semble du point de vue français, plus ouvert à la réception de la candidature du Monténégro.

En conclusion, rappelant que le Monténégro à lui-même ses propres échéances électorales parlementaires à l’automne 2009, l’Ambassadeur a insisté sur le fait que le grand défi auquel est confronté le pays n’est pas dans l’accession au statut de candidat à l’Union — qui est peu ou prou acquis au vu des progrès réalisés — mais dans le fait de dépasser le simple enjeu de politique intérieure pour asseoir véritablement la demande d’adhésion du pays sur un vaste consensus national, comme un projet patent de toute la société monténégrine, convaincue de son avenir au sein de la famille Europe.

Crédits photographiques : © [?DR|Document of the Editor] 2008.

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