Europe | Monténégro
Dans le contexte (i) de l’acceptation par le Bureau de l’Assemblée Générale des Nations Unies d’introduire à l’ordre du jour des travaux de sa 63ème Session la demande de la Serbie pour que la Cour Internationale de Justice (CIJ) évalue la légalité de l’indépendance du Kosovo [1], (ii) des assertions de hauts responsables monténégrins d’attendre le vote de l’Assemblée Générale sur la question posée par Serbie pour décider s’il y a lieu de reconnaître l’État kosovar, et enfin (iii) de la remise hier, 16 septembre,
au Président du Parlement monténégrin (Skupština), M. Ranko Krivokapić, d’une proposition de résolution à l’initiative de députés de la coalition gouvernementale DPS-SDP qui pourrait servir de préambule à une reconnaissance rapide du Kosovo [2], S.E. M. Bernard Garancher, Ambassadeur de France au Monténégro — invité aujourd’hui, mercredi 17 septembre 2008, à commenter les spéculations qui vont bon train au Monténégro — a déclaré “qu’en suivant sans plus tarder l’exemple des capitales européennes qui ont déjà reconnu l’indépendance du Kosovo, le Monténégro contribuerait davantage encore à la stabilisation régionale des Balkans Occidentaux, tout en consolidant son propre avenir européen,” reprenant, tout en les formalisant, une partie de ses déclarations du 29 août dernier.
L’Ambassadeur Garancher — qui a occupé de 2000 à 2003 le poste de chef du Bureau de Liaison français à Priština — estime que “la reconnaissance de la réalité de l’État kosovar est une nécessité politique à laquelle les autorités monténégrines doivent avoir le courage de faire face,” relayant par là même la position de l’Union Européenne et de l’OTAN dans leur analyse que cette reconnaissance est un facteur majeur de stabilisation et de pacification de la région, et la seule et véritable voie de viabilité économique pour le Kosovo.
Il a également rappelé que “les Balkans Occidentaux sont depuis longtemps une des priorités de la politique et de l’engagement extérieurs de la France et de ses partenaires au sein de la communauté internationale,” qui accompagnent ensemble le dialogue politique régional pour un rétablissement de la confiance entre les différentes communautés ethniques périphériques du Monténégro ; un dialogue politique au plus haut niveau que doit appuyer sur le terrain la mission européenne d’assistance à l’État de droit, EULEX Kosovo [3], dont le déploiement a été relancé il y a tout juste un mois, le 18 août dernier, par la signature d’un accord organisant le transfert progressif des équipements de la MINUK à la mission européenne.
En conclusion, l’Ambassadeur de France au Monténégro a réitéré son opinion sur le rôle central que le pays a la possibilité de jouer sur l’échiquier des Balkans. “Les relations harmonieuses qui existent entre toutes ses communautés ethniques et nationales, donnent au Monténégro l’assise politique nécessaire pour promouvoir la coopération et la diplomatie de bon voisinage, tout en entretenant dans le même temps un dialogue régulier avec le Kosovo, afin de contribuer à la stabilité et la paix dans les Balkans Occidentaux.”
Compte tenu du décalage horaire entre Podgorica et les USA, ces propos de l’Ambassadeur Garancher font écho à ceux de son homologue de New York, l’Ambassadeur de France auprès des Nations Unis, S.E. M. Jean-Maurice Riper, qui a officiellement regretté, au nom de la France présidente du Conseil de l’Union Européenne, l’initiative de la Serbie à l’ONU, ajoutant qu’elle ne contribuait qu’à créer des “turbulences régionales” à un moment où tout le monde est déterminé à accélérer le processus d’intégration européenne des Balkans, et ce “même si la France comprend les problèmes intérieurs de la Serbie et respecte son droit à poser des questions à l’Assemblée Générale.”
[1] Question supplémentaire n° A/63/195 : “Demande d’avis consultatif à la Cour internationale de Justice (CIJ) sur la conformité de la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo avec le droit international”.
[2] La proposition de résolution des députés de la coalition DPS-SDP porte sur la nécessité d’accélérer le processus d’intégration européenne et euro-atlantique du Monténégro. En présentant la reconnaissance du Kosovo comme une partie inséparable du processus général d’intégration, cette résolution est une introduction indirecte à l’ouverture d’un débat au Parlement monténégrin sur la reconnaissance du Kosovo.
La résolution devrait être discutée lors de la session parlementaire du 3 octobre prochain à Cetinje.
[3] Le 4 février 2008, par l’Action Commune n° 2008/124/PESC, le Conseil de l’Union Européenne (EU) a créé la mission “État de droit” au Kosovo, nommée EULEX Kosovo. Le 16 février 2008, le Conseil de l’UE a lancé officiellement cette mission, qui devait débuter ses actions après une phase de planification et de préparation de 120 jours, soit à partir du 15 juin 2008, avec pour mandat de soutenir les autorités indépendantes au Kosovo dans l’implantation d’un système judiciaire et administratif autonome.
La Russie, Membre Permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, opposée à l’indépendance du Kosovo, a bloqué le déploiement de la mission de l’UE prévue au 15 juin, jusqu’à la signature à huis clos, le 18 août 2008, d’un accord de transfert de responsabilités entre le chef de la MINUK, M. Lamberto Zannier, et le chef de l’équipe de planification de la mission européenne, M. Roy Reeve.
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First published: September 17, 2008
Archived: Thursday September 18, 2008 @ 04:43 CEST
Last updated: November 11, 2008
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- Author(s):
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Milan_ME81
POLN
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