Monténégro | Parlement Européen
Nous avons rencontré M. Đukanović pour une discussion sur l’utilisation de l’Euro dans le pays, son adhésion à l’UE et la stabilité de la région, quelques mois après l’indépendance proclamée du Kosovo.
En quoi l’adhésion du Monténégro à l’Union Européenne peut-elle aider votre pays à résoudre ses problèmes ?
Premier Ministre Milo Đukanović : À l’époque où nous luttions pour notre indépendance, nous disions vouloir prendre en main notre avenir qui réside, nous l’avons toujours su, dans l’Europe. Pourquoi souhaitons-nous adhérer à l’UE ? Simplement parce que nous partageons le même système de valeurs.
Ce n’est pas, comme on pourrait le croire, parce qu’un petit pays comme le nôtre veut obtenir des fonds de préadhésion. Nous croyons dans nos capacités.

Que signifierait l’appartenance à l’Union Européenne pour la région ?
P.M. Đukanović : Nous voulons que le Monténégro et la région entière des Balkans Occidentaux fasse partie du système politique, économique et de sécurité de l’UE.
Dans les Balkans nous avons eu des crises cycliques, jusqu’à la plus récente. Voilà pourquoi il est dans l’intérêt non seulement des Balkans Occidentaux, mais aussi des pays déjà membres de l’UE, d’intégrer les pays de la région.
Qu’apportera le Monténégro à l’Union Européenne ?
P.M. Đukanović : Tout les pays apportent quelque chose et ce sera le cas aussi du Monténégro. Même tout petit, le Monténégro enrichira une union déjà riche comme l’UE. Une valeur dont nous sommes fiers — particulièrement compte-tenu du contexte régional — c’est le multiculturalisme. Cela n’a pas été toujours considéré comme un atout dans la région mais plutôt comme un handicap, surtout dans les années 1990. Voilà pourquoi nous avons eu des guerres de fanatisme religieux si longtemps.
Même si le Monténégro est un petit État, il a su préserver la paix, renforcer son harmonie multiethnique, gagner la confiance de la communauté internationale et des investisseurs étrangers et se développer considérablement. La beauté naturelle du Monténégro peut être une valeur ajoutée pour l’UE : nous sommes fiers d’une côte adriatique extrêmement belle, de nos campagnes pittoresques, de nos montagnes, de nos canyons profonds, de nos grands lacs...
Le Monténégro peut-il servir d’exemple au Kosovo ? Une normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie est-elle possible ?
P.M. Đukanović : C’est même inévitable. Tôt ou tard, la Serbie devra mettre un terme aux erreurs politiques qu’elle commet depuis des décennies. Malheureusement, aucune des deux parties n’était prête à s’accorder sur une solution et cela a conduit à la déclaration d’indépendance du Kosovo.
La communauté internationale et de nombreux Pays Membres de l’UE ont déjà reconnu le Kosovo : je ne pense pas que qui que ce soit de sérieux souhaiterait revenir en arrière. Nous agissons prudemment pour deux raisons. D’abord parce que le Monténégro est voisin du Kosovo et de la Serbie et que nous devons les aider plutôt que d’exacerber les tensions. Ensuite, nous avons acquis l’indépendance il y a deux ans en quittant l’Union avec la Serbie. Notre indépendance a laissé des traces traumatiques dans les relations entre le Monténégro et la Serbie.
Pourquoi le Monténégro utilise-t-il de facto l’Euro comme monnaie officielle ?
P.M. Đukanović : Le régime de Milošević a essayé de résoudre les problèmes économiques en imprimant de la monnaie sans valeur. Nous avons voulu nous protéger et avons introduit le Deutschmark sur le territoire du Monténégro. Quand la monnaie allemande a été remplacée par l’Euro en Allemagne, nous sommes indirectement devenus utilisateurs de l’Euro nous aussi.
Cela ne signifie pas que nous appartenons à l’Union monétaire, même si nous sommes responsables quant à notre utilisation de l’Euro. Mais nous sommes prêts à remplir les critères de Maastricht et nous espérons que dans un proche avenir, nous serons pleinement membres de cette Union monétaire. Nous en avons déjà tiré d’énormes bénéfices. En premier lieu, nous avons abandonné l’illusion que nous pouvions vivre et profiter de l’inflation, comme c’était le cas dans l’ex-Yougoslavie. Ensuite, les investisseurs étrangers travaillent dans leur propre monnaie : nous sommes donc beaucoup plus attractifs avec la monnaie unique européenne.
Avec nos sincères remerciements à l’Équipe Web du Parlement Européen, et à M. Lorinc Redei, Attaché de Presse.
Crédit photographique : © Parlement Européen - Service audiovisuel 2008.
About this article
First published: June 23, 2008
Archived: Tuesday June 24, 2008 @ 16:29 CEST
Last updated: June 24, 2008
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