Where am I? :: Home | The Royal House of Montenegro | Royal news and medias | De l’Illyrie au Monténégro


Revue de presse | Nicolas Petrovitch Njegosh

De l'Illyrie au Monténégro

Par Pierre Valancony, in La Blanche Hermine, n° 55, p. 4, Rennes, France, juillet-août 2006


Le Monténégro (la Montagne Noire) associé à la Serbie dans le cadre d’une République fédérale de Yougoslavie (1992), devenue dix ans plus tard la Serbie-Monténégro, vient, par referendum de recouvrer son indépendance [1]. Ainsi prend fin, définitivement, la volonté des vainqueurs de 1918 de constituer une union de supposés “Slaves du Sud” sous le sceptre autoritaire des Karageorgévitch puis sous le joug du communiste croate Josep Broz Tito [2]. Depuis la mort de ce dernier, l’éclatement de la Yougoslavie, fédération artificielle, n’était qu’affaire de patience.

La petite république monténégrine, d’une superficie inférieure à 14 000 km² pour 650 000 habitants, renoue aujourd’hui avec une histoire nationale ancienne et agitée, tournée en permanence vers la défense de son identité. Nos aïeux avaient une opinion très tranchée sur ce peuple qui abandonnait aux femmes le soin de cultiver un sol, au demeurant peu fertile. Le “Dictionnaire universel d’Histoire et de Géographie” de M-N. Bouillet, de 1843, qui nous renseigne ainsi, ajoute que “Les Monténégrins sont braves et hospitaliers, mais sanguinaires, vindicatifs, défiants : ils ignorent la civilisation et méprisent le travail.”

Les frontières de l’État ont subi, au cours des siècles, de nombreuses variations et ses dirigeants ont dû continuellement, par la guerre ou la négociation, chercher à se libérer de voisins trop entreprenants. Les Ottomans, les Vénitiens, les Slaves tentèrent, à tour de rôle, d’imposer leur protectorat à un pays bien à l’étroit entre l’Albanie, la Serbie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine.

Sans prétendre remonter trop loin, disons qu’en 1696 un voïvode local [3], Danilo Ier Petrovitch Njegosh, se trouva élu prince-évêque du Monténégro. Après sa disparition, la succession s’effectuera de neveu en neveu jusqu’au milieu du XIXè siècle. Ce ne fut qu’en 1852 que le souverain régnant, Danilo II, résilia sa charge épiscopale en se déclarant “prince séculier”. Lors du traité de Berlin, de 1878, la Sublime Porte, qui avait durant si longtemps cherché querelle à cette nation orthodoxe, promit de respecter son indépendance.

En 1896, la princesse Hélène, fille du prince Nicolas Ier, épousa, à l’étonnement des cours européennes, le prince Victor-Emmanuel de Savoie, futur roi d’Italie [4]. Cependant qu’en 1910, le souverain monténégrin se proclame roi à son tour. Durant la Première Guerre Mondiale, il se rangea aux côtés de la Serbie contre l’Autriche-Hongrie. À la suite de quoi, en 1916, les troupes impériales envahirent le pays et obligèrent Nicolas Ier à prendre le chemin de l’exil. Il trouva refuge en France, sur les bords de la Méditerranée, où il mourut en 1921 à l’heure où son royaume devenait membre de la fédération yougoslave.

Cérémonie du retour des cendres du Roi Nicolas Ier, Cettigné, 1989 Actuellement, la Maison Royale du Monténégro est représentée par le prince Nicolas, vivant en France. Il est le fils du prince Michel (1908-198986) neveu petit-fils du dernier souverain et de Geneviève Prigent [5] (1919-198990), d’origine bretonne. Cérémonie du retour des cendres du Roi Nicolas Ier, Cettigné, 1989 Durant la Seconde Guerre Mondiale, ledit prince Michel avait décliné les propositions de restauration monarchique sous tutelle italienne. En sa qualité d’héritier et de dépositaire des traditions, le prince Nicolas se rendit, en 1989, dans le pays de ses ancêtres pour le retour des cendres du roi Nicolas Ier. À cette occasion, les Monténégrins manifestèrent un vif enthousiasme pour leur dynastie nationale.

PDF - 443.4 kb
La Blanche Hermine, n° 55, juillet-août 2006

[1] QUID 2003 par Dominique et Michèle Frémy — Éd. Robert Laffont.

[2] Il faut ici, rendre hommage à la résistance royaliste contre les envahisseurs allemands et leurs alliés. Elle était dirigée par le général Mihailovic (1893-1946), adversaire de Tito.

[3] Un voïvode est un chef de guerre. Danilo Ier devient évêque orthodoxe. Cette religion est toujours celle d’au moins 80 % de la population.

[4] “Princes d’Europe” par Michel de Preux — Éditions “À la carte”, Sierre CH 2000.

[5] Née à Saint-Nicolas-du-Pélem Saint-Brieuc (22).

Copyright © La Blanche Hermine 2006.
Avec nos sincères remerciements à M. Pierre Bodin, Directeur de Publication, La Blanche Hermine, Rennes, France, et à l’auteur.
Crédits photographiques : © [?DR|Document of the Editor] 1989.

About this article